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Toxic Sous- traitance

 

 
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Télérama:

En dix ans, les tarifs du seul prêt-à-porter féminin ont chuté de 13%. Mais à quel prix exactement ? Travail d'enfants et d'adolescents, violations des lois locales et internationales, mise en danger de la vie des ouvriers : pendant six mois, au Bangladesh, en Inde et en France, des journalistes ont enquêté dans l'arrière-boutique de la planète textile pour découvrir ce qui se cache réellement sous l'étiquette bradée de certaines enseignes. Malgré de grands discours «éthiques», certaines marques ont recours à des entreprises sous-traitantes qui exploitent leur main d'oeuvre dans des conditions indignes. Gros plan pour finir sur le parcours de l'Américaine Erin Brockovich, rendue célèbre par le film de Steven Soderbergh

 

On prévient tout de suite : vous ne porterez plus jamais de la même façon votre pantalon Zara ou votre chemise Monoprix après avoir visionné ce quatrième numéro de Cash investigation et son enquête encore une fois rigoureuse, féroce, indispensable, sur « les petites mains qui fabriquent nos vêtements ». On y découvre la misère cachée sous le revers de nos vestes, le coût humain de la sape low cost, avec des enfants-ouvriers de 12 ou 16 ans qui se bradent pour assurer nos « soldes » dans les grands magasins. La journaliste Marie Maurice sillonne les bidonvilles du Bangladesh, rencontre les fournisseurs des enseignes françaises et leurs sous-traitants, qui n'hésitent pas à faire travailler des gamins soixante-douze heures par semaine pour rhabiller la planète.

 

L'enquête se poursuit en Europe, avec une relance opiniâtre des dirigeants (vous verrez que les rois de la fringue se froissent facilement). Elise Lucet prend le relais, traque Michel-Edouard Leclerc (ses T-shirts « Nettoyons la nature » ont été en partie cousus à l'étranger par de jeunes ados) ou l'état-major de Zara, qui se justifie sans convaincre. En jeu, les dangers d'une sous-traitance forcenée (donc incontrôlable). Ce travail d'enquête n'est pas vain : il pousse les marques à prendre leurs responsabilités. Depuis le tournage de Cash investigation, Monoprix a déjà retiré des rayons une partie de sa collection de vêtements fabriqués à la chaîne par les enfants du Bangladesh.

 
 
Ethique 28/04/2013 à 11h29
Mango ou comment ne pas assumer les 350 morts du Bangladesh - source Rue 89 .
Pierre Haski | Cofondateur Rue89
La marque espagnole a entrepris une opération de sauvetage de son image, après l’effondrement d’un immeuble de possibles sous-traitants à Dacca.

Colère au Bangladesh après l’effondrement de l’immeuble d’usines près de Dacca (Sipa)

Le bilan de la catastrophe au Bangladesh est monté à plus de 350 morts après la découverte de nouveaux corps d’ouvrières dans les décombres de l’immeuble d’usines textiles qui s’est effondré mercredi près de la capitale, Dacca. Six personnes, dont le propriétaire de l’immeuble, ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête déclenchée par le gouvernement.

 

Mais la catastrophe a des répercussions ailleurs dans le monde, car ces ouvrières qui sont mortes parce que leur immeuble était insalubre et qu’il ne fallait pas perdre une minute de production, travaillaient pour des marques étrangères ; des marques glamour et dont les top models s’affichent sur papier glacé, sans que le consommateur ne se doute – ou veuille savoir – dans quelles conditions leurs produits sont fabriqués.

 

L’une de ces marques est l’espagnole Mango, un de ces géants très populaires apparus ces dernières années, et qui compte déjà 2 600 magasins dans 109 pays. Le nom de l’Italien Benneton figure également parmi les clients de l’usine.

« Regrets » de Mango sur Twitter et Facebook

Mango est lancé dans une opération de sauvetage de son image, qui passe notamment par les réseaux sociaux, Twitter, et surtout Facebook où elle compte quelque 5,6 millions de « fans ».

Sur Twitter, Mango exprime ses « regrets » pour la catastrophe, et renvoie vers sa page Facebook.

Sur Facebook, un long communiqué mis en ligne samedi sous le visage du mannequin australien Miranda Kerr qui barre la page, exprime ses condoléances aux victimes, mais affirme que la marque espagnole n’était pas cliente de la société Phantom au cœur de la catastrophe.
 

Mais Mango confirme que des « échantillons » avaient bien été commandés à Phantom avant de conclure avec ce sous-traitant bangladais. Le nom de Mango avait été cité par les autorités de Dacca parmi les clients de l’usine effondrée.

 

Dans son communiqué, Mango affirme qu’elle effectue toujours un « audit social » des sous-traitants avec lesquels elle signe des contrats de production à long terme. Elle ajoute qu’un tel audit n’avait pas été effectué avec Phantom car la société bangladaise n’était pas encore fournisseur de Mango.

Si les échantillons avaient été concluants, elle aurait reçu une commande de 25 000 pièces, et l’audit aurait été réalisé, dit-elle.

« Le monde est devenu plus petit »


Capture d’écran de la page Facebook de Mango avec les explications de la marque espagnole (Facebook)

 

Ce communiqué ressemble fort à une belle construction a posteriori, car les conditions de travail, de salaire, de sécurité des ouvrières de Phantom sont telles qu’on voit mal selon quels critères l’audit aurait pu être concluant.

 

Sur les réseaux sociaux, les critiques sont légion, à l’image de ce « tweet » de Quitterie Delmas, ancienne politique passée à la société civile :

« Le public demande la transparence totale de Mango dans cette terrible affaire. Le monde est devenu plus petit. Tout mensonge peut coûter cher. Demandez à WikiLeaks. »

Quitterie Delmas met également la futilité du monde de la mode face à ses contradictions :

« Pour parler du bad buzz “slave-style” de @ tous les pro de la parisienne sont là.

‘Mais quand il s’agit de 300 morts dans les ateliers, plus personne... POURQUOI ?

 

 

Dalila Meumeuneums Vous n'avez aucune limite dans votre quête de réductions des coûts de fabrication. Vos rapports et vos audits ne sont que poudre aux yeux publicitaire. Votre marque comme toutes celles qui vivent de l'exploitation d'ouvriers quasi réduits à l'esclavage va disparaître. L'humanité ne peut plus supporter ce système capitaliste. Et vous aurez beau envoyé vos mercenaires, rien n'y fera. C'est la fin.
 
Kylie Hinde While I'm not usually one to post on FB about worldly issues and various injustices - and usually don't like to weigh into posts of such regard - I've tossed and turned over this for the past day and feel that I can't possibly sit silently. Even if I only had a small glimpse into the world of these people in the year I had the privilege to work as a volunteer, I feel I owe it to this unique and inspiring culture I worked within to speak up.

The Rana Plaza - a building housing 5 garments factories very close to where I lived and worked in Bangladesh collapsed killing up to 300 people with still approximately 1000+ people still unaccounted for. Rescue efforts are still continuing at this moment. Many people I worked with have lost someone close to them or know someone who lost someone in this collapse. It was known by factory owners that this building was grossly unsafe. This was a building that made garments for Western retailers.

It is gut wrenching for me to think about. Knowing that I visited that building on a frequent basis...walking amongst the people and that place for a year. Knowing the struggles of the people who worked in and around that building. Knowing that even though as the people rejoice at the arrest of one of the factory owners the real system flaw continues on... Knowing that while today the issue of negligence, corruption and greed within the garments industry in Bangladesh stands in the lime light tomorrow the world will turn its focus to another...

Knowing that we can actually make a difference if WE wanted too...

Western retailers such as - Target, Big W, K-Mart, Mango, United Colours of Bennetton, Mr Vintage, Gap, H &M - manufacture their garments in Bangladesh. This is not a bad thing by any means as Bangladesh needs our business to sustain their economy. What is concerning is the lack of consideration by such companies into the actual working conditions of the workers behind the making the garments in such factories. The lack of workplace inspections, the lack of fair pay, the checking of ages of the workers, the lack of safe manufactures and tailors.

We have such strict workplace health and safety in Australia and have such an emphasis on creating fair pay, fair trade etc. If this is good enough for us why should it not be also be our attitude towards those like the Bangladeshi's working hard to produce the shirts on our backs? Shouldn't we as global citizens be doing our bit to make sure that life is not needlessly sacrificed for things as trivial as reducing the price of a t-shirt from $30-$25? Surely life is worth more than this...

http://libcom.org/news/house-cards-savar-building-collapse-26042013

 

Moda Justa To stop these collapses from happening, the Clean Clothes Campaign calls upon brands sourcing from Bangladesh to sign on to the Bangladesh Fire and Building Safety Agreement immediately. The CCC, together with local and global unions and labour rights organisations has developed a sector-wide program for action that includes independent building inspections, worker rights training, public disclosure and a long-overdue review of safety standards. It is transparent as well as practical, and unique in being supported by all key labour stakeholders in Bangladesh and internationally.
The agreement was already signed last year by the US company PVH Corp (owner of Calvin Klein and Tommy Hilfiger) and the German retailer Tchibo. The labour signatories are now calling on all major brands sourcing in the industry to sign on to the initiative in order to ensure its rapid implementation. The programme has the potential to save the lives of hundreds of thousands of workers currently at risk in unsafe and illegally built factories.
CCC has been campaigning on safety issues in Bangladesh since the collapse of the Spectrum factory in 2005, which left 64 people dead and involved high street brand Zara
 
Elle fait allusion à la récente polémique autour de bijoux Mango en forme de collier d’esclaves, et qui avait provoqué le lancement d’une pétition en France par les comédiennes Aïssa Maïga et Sonia Rolland, et la militante antiracisme Rokhaya Diallo.

L’insouciance des consommateurs

Cela fait des années que la question éthique est posée, non seulement dans l’univers de la mode qui fait beaucoup appel à des sous-traitants, mais aussi ceux du jouet (Mattel), de la téléphonie (iPhone d’Apple), et les pratiques de la grande distribution (WalMart, Carrefour, etc.) qui surexploitent des milliers de sous-traitants dans le monde émergent.

 

De codes de conduite en cabinets d’audit social, de nombreuses initiatives ont été prises, mais qui se heurtent à plusieurs obstacles, dont le plus important est sans doute l’insouciance des consommateurs occidentaux, trop contents de bénéficier des bas prix sans trop se poser la question de la manière dont ils sont obtenus.

 

Il fallait un accident tragique comme celui du Bangladesh pour redonner un peu de visibilité au sujet, avant qu’il ne disparaisse de nouveau, car en période de crise, qui est prêt à payer un peu plus cher son jean Mango ou autres, fabriqué par des esclaves des temps modernes dans des ateliers indignes du bout du monde ?



13/08/2013
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